La douleur était revenue dans ses prunelles. Je me mordis la lèvre et acquiesçai.
- Si prete à mourir murmura-t-il comme pour lui-même. A connaître le crépuscule de ta vie, alors qu'elle a à peine commencé. A tout abandonner.
- Ce n'est pas une mort, c'est une renaissance, chuchotai-je.
- Je ne le mérite pas, souffla-t-il, chagrin.
- Tu te rappelles le jour où tu m'as dit que je ne me voyais pas de façon très claire ? Visiblement , tu es atteint de la même cécité.
- Je sais ce que je suis.
Soudain, son humeur changea de nouveau. Plissant les lèvres, il me scruta un très long moment.
- Tu es prête, là, maintenant ? demanda-til.
- EUH.... oui ?
Souriant, il inclina lentement sa tête jusqu'à ce que ses lèvres froides frôlent la peau de mon cou.
- Tout de suite ? chuchota-t-il , son haleine glaçant ma gorge.
Je ne put ressentir un frisson.
- Oui, répondis-je, tout bas pour que ma voix ne se brise pas.
S'il pensait que je bluffais, il allait être déçu. J'avais choisi, jétais sure de moi . Tant pis si mon corps était rigide comme une planche, mes poings serrés et ma respiration heurtée... Avec un rire sombre, il se recula. Il paraissait déçu.
- Tu ne crois quand même pas je céderais si facilement, railla-t-il.
- On a le droit de rêver.
- C'est ce dont à quoi tu rêves ? Devenir un monstre ?
- Pas tout à fait, répliquai-je, piquée par l'emploi du mot. (Un monstre , non mais je vous jure ! ) . Mon rêve, c'est surtout d'être avec toi pour l'éternité.
Son visage prit une expression à la fois tendre et mélancolique quand il perçut ma peine.
- Bella. Je resterai toujours avec toi, n'est-ce pas suffisant ?
Ses doigts dessinaient légèrement les contours de mes lèvres, et je souris.
- Ca ne l'es que pour l'instant.
Ma ténacité lui déplaisait. Au cun de nous deux ne comptait s'avouer vaincu, ce soir. Il poussa un soupir, presque un grognement. Je caressai son visage.
- Ecoute, continuai-je, je t'aime plus que tout au monde. N'est-ce pas suffisant ?
- Si àa l'est, admit-il en se détendant. Pour l'éternité.
Sur ce , il se pencha et posa une nouvelle fois ses lèvres glacées contre mon cou.